Une nouvelle génération de chercheuses sur le genre. Réflexions àpartir d’une expérience située, un article en ligne de Laure Béréni, juin 2012

Un article de Laure Béréni, paru le 19 juin 2012 dans la revue Contretemps, en ligne (revue indépendante et anti-capitaliste), fait le point sur les conditions d’entrée dans le champ des études féministes et sur le genre pour la jeune génération à laquelle elle appartient.

(…) Je propose ici de réfléchir aux conditions et enjeux de ce qui est couramment qualifié de renouvellement générationnel du champ des études sur le genre, en partant de mon propre parcours de chercheuse, celui d’une entrée dans le champ au tournant des années 20007. Même si ce récit est situé et subjectif – il reflète ma position sexuée, sociale, disciplinaire, politique et géographique –, je me permettrai donc de passer parfois du « je » au« nous », désignant ainsi en premier lieu une cohorte de chercheuses (très majoritairement des femmes) nées vers le milieu des années 1970, ayant commencé leur parcours de recherche en France au tournant de la décennie 2000 en se spécialisant sur « les femmes » et « le genre ». Peut-être d’autres chercheuses et chercheurs ayant commencé leurs recherches sur le genre dans les années qui ont précédé ou suivi ce moment se reconnaîtront-elles aussi en partie dans ce récit. A l’aube des années 2000, nous sommes apparues, aux yeux de nos aînées, mais aussi et surtout à nos propres yeux, comme une nouvelle « génération ». Arrivées en nombre (relativement à la taille du champ), au même moment, à un stade précoce de notre parcours académique (DEA ou début de thèse), fréquentant parfois les mêmes institutions universitaires (l’EHESS à Paris,l’Université du Mirail à Toulouse…), nous avons eu le sentiment de vivre une expérience collective d’entrée dans le champ, marquée par les mêmes obstacles institutionnels à surmonter, mais aussi par des enthousiasmes partagés dans notre découverte des savoirs féministes et sur le genre. Nous avons éprouvé le besoin de constituer des liens de solidarité et des lieux spécifiques d’expression d’une parole collective, d’un « nous », comme l’indiquent plusieurs initiatives prises en 2002-2003, du lancement du collectif CLASCHES (Collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur) en 2002 à la constitution de l’association EFiGiES (Association des jeunes chercheuses et chercheurs en Études Féministes, Genre et Sexualités) en 2003 (…)

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